Saint Jacques de Compostelle à vélo: Interview avec Julian

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St Jean Pied de Port - St Jacques de Compostelle, 14 jours à vélo, Julian nous partage son histoire.
Comment transporter 15 jours d’équipement sur un vélo?
La clé pour un voyage à vélo est la légèreté de l’équipement. J’ai choisi de voyager avec des sacoches sur le porte-bagage et d’avoir environ une dizaine de kilos à porter. C’est sûr on ne prend que l’essentiel, notamment pas beaucoup de vêtements!

Avec quel vélo?

Le bon compromis est un VTT car le revêtement varie entre du chemin, de l’asphalte et des cailloux. Même si le VTT est plus lourd qu’un vélo de course, il permet aussi de disposer de plus de sacoches.

Où dormir et où manger?
Pour les repas du midi, c’était sandwichs faits de produits achetés sur la route. Le couteau de poche est d’une aide indiscutable! Le logement sur la partie espagnole du Chemin de Compostelle se fait pour pas cher dans les "albergues" qui sont nombreuses sur le parcours. Il y a différents styles pour tous les budgets mais on peut dormir dans un dortoir d’une albergue municipal pour une dizaine d’euros. Ne pas oublier un drap pour dormir car ils ne sont pas forcément inclus!
Pour le soir, il y a au moins un restaurant qui propose le fameux repas du Pèlerin : pour 10€, on vous servira une entrée, un plat et un dessert, accompagné de vin rouge !
Pour les repas du midi, c’était sandwichs faits de produits achetés sur la route. Le couteau de poche est d’une aide indiscutable !
Combien de kilomètres parcourais-tu par jour?
J’étais parti sur des étapes en moyenne de 100 km. En fonction du dénivelé (il y a quelques cols sur le parcours!), ne pas hésiter à réduire la voilure !

L'as-tu fais seul ou accompagné?
Je l’ai fait avec mon père. C’est toujours mieux de partir à plusieurs notamment pour les pépins mécaniques !

As-tu eu des anecdotes sur le chemin?

En tant que participant aux chemins de Compostelle, même si l’on n’est pas croyant, la tradition veut qu’on ramène une coquille des rivages de Galice pour preuve d’avoir réalisé le Chemin. Nous avions amené une coquille de Bretagne pour nous accompagner sur le Chemin mais que malheureusement j’ai perdue sur la route! On a rencontré également un couple de belges qui faisait le chemin avec un âne! Ça donne une idée pour de prochains voyages...
Paysages de Saint Jacques de Compostelle
On a rencontré également un couple de belges qui faisait le chemin avec un âne ! Ça donne une idée pour de prochains voyages...
Que faire si on crève?
Ne pas oublier son kit de réparation! Ça ne prend pas de place et ça sauve la vie! Pour un remplacement rapide, idéalement ne pas réparer la chambre à air crevée sur le chemin mais plutôt en changer pour éventuellement la réparer le soir, au calme.

Faut-il s'entrainé beaucoup avant le grand départ?
Si on part sur des étapes d’environ 100 km, il faut quand même avoir l’habitude de rouler à vélo. J’avais déjà fait auparavant la Loire à vélo, le canal du Midi et le canal de Nantes à Brest. Le chemin n’est pas dur mais certaines portions montent parfois donc faut pas voir peur de monter des cols ! Après, en y allant à son rythme tout est possible !

À quelle heure partir et à quelle heure s’arrêter?
Les marcheurs partent à l’aube (voire avant!) mais comme on est à vélo, on peut se permettre de faire la grasse mat’ ! Mais certaines auberges mettent tout le monde dehors à 8h! 
Ne pas s’arrêter trop tard, vers 17h, car les marcheurs s’arrêtent plus tôt et toutes les albergues n’acceptent pas les vélos (c’est relativement rare).

Réservais-tu les auberges avant?
Sur la partie espagnole des chemins de Compostelle, on ne peut pas réserver, surtout dans les albergues municipales. D’où l’intérêt aussi de ne pas finir trop tard son étape !

Quoi manger et boire?
Pendant la journée, ne pas oublier de s’alimenter sinon, comme chez les cyclistes pros, c’est la fringale! Barres de céréales, fruits secs et pendant les pauses de la nourriture plus consistante (bananes par exemple). Pour boire, de l’eau voire de l’eau diluée avec du miel, pour des sucres rapides !

Recevais-tu des encouragement des randonneurs à pied? 
#noncenestpasletourdefrance

 Même si pour certains Pèlerins, le vélo n’est pas leur ami, il y a une fraternité sur le Chemin où tout le monde se souhaite, quand on se croise, un "buen camino"!

Comment s’orienter?
À la boussole! Non, avec un guide sur le parcours c’est l’idéal car si le chemin est parfaitement indiqué pour les marcheurs, certaines portions ne sont pas faites pour les vélos. Donc pour suivre l’itinéraire, un guide paraît essentiel (ce qui n’évite pas malgré tout les écarts!)

Faisais-tu des pauses dans la journée?
Oui, ne serait-ce que pour s’alimenter! Et on fait quand même 100 km de vélo ! Blague à part, chaque étape traverse des villes et villages où du tourisme, même rapidement est toujours intéressant !

Que faire si l'on n'a plus d’eau ou de ravitaillement?
Si on est loin de l’arrivée prévue, qu’il fait une chaleur étouffante et qu’on commence à en avoir marre, il faut surtout s’arrêter au plus vite. Déjà parce que personne ne viendra vous chercher et que si vous voulez continuer le lendemain, il faut garder des forces! Comme le dit le dicton, qui voyage loin ménage sa monture.

Blessé ou mal aux pâtes, ça t’es arrivé?
Pas de blessures mais il y a eu des chutes et des journées où la fin de journée est pesante. On n’a qu’une seule envie dans ce cas c’est d’arriver au plus vite!

Que faire si la météo nest pas clémente?
Adapter son itinéraire et faire moins de kilomètres. Le vélo n’est pas une voiture donc il faut avoir de la souplesse dans les étapes (si possible bien entendu). Un bon livre permet de passer le temps au cas où !

Faut-il parler espagnol ?
Claro que si! C’est une aide pour se débrouiller dans les albergues! Mais on peut toujours se débrouiller. Sur le chemin, les pèlerins viennent du monde entier (y compris des Etats-Unis ou de l’Australie) donc un peu d’anglais permet d’échanger avec les collègues !

Pourquoi le faire en vélo plutôt qu’à pied ?
Là il s’agit d’un choix personnel. Le faire à pied nécessite pour le coup un entraînement que je n’avais pas. En plus, je trouve que le vélo est un bon compromis qui permet d’avancer assez vite et en même temps de prendre son temps et d’aller dans des endroits que la voiture ne pourrait pas atteindre.

Quel est ton prochain voyage à vélo ?
J’ai plusieurs idées en tête mais en tant que fan des cols de montagne, l’idée de faire un tour de Suisse me trotte dans la tête ! A suivre sur Hibiscus & Nomada , bien sûr !
À vous de pédaler!

Julian Payen
, Contributing Travel Editor & Photographer for Hibiscus & Nomada

“Discover a country through a local lens”

@JulianPayen

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